Sur ma plage...

Une femme, Charlotte, des amis, le boulot, les relations, l'amour, la vie... Née pour l'amour mais pas dans l'amour, solitaire dans l'âme mais qui adore les gens, aimer, aider, elle a vécu le non-amour et la violence dans son enfance. Elle a pourtant toujours cru en l'Amour. C'est ce qui lui a permis d'arriver où elle est aujourd'hui. La foi en l'amour...

J'aime partager mes découvertes. Cheminement personnel, amoureux, amical, spirituel, musical, créatif, écolo, gourmand, ésotérique, voyages, vous trouverez de tout ici, à travers mes confidences...

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Lundi 26 novembre 2007
L'amour est un mouvement affectif spontané vers un être qui nous procure une satisfaction. Cet attrait émotif peut s'appliquer à une personne, un objet ou même une idée. On peut aimer intensément son enfant, un endroit, ou les manifestations de courage, pourvu qu'on y trouve des satisfactions spéciales. On peut même éprouver de l'amour lorsqu'on n'a encore que l'espoir d'une satisfaction, un potentiel de bonheur.

L'amour n'est pas une émotion en soi; c'est une expérience émotive complexe qui comprend plusieurs émotions. C'est peut-être même la plus complexe de toutes les expériences émotives. On y retrouve souvent, par exemple, de la joie, de l'attrait ou du désir, de la tendresse, de l'estime, de l'attachement, etc. L'expérience de l'amour inclut aussi bien souvent de la colère ou du ressentiment ainsi qu'un sentiment de vulnérabilité.

Ce qui demeure constant toutefois, dans les différentes expériences d'amour, c'est le bien être ou le bonheur que nous procure l'être aimé. Plus précisément, nous considérons comme "bons pour nous" les êtres et les réalités qui suscitent notre amour. C'est parce que nous les percevons, plus ou moins explicitement, comme aptes à répondre nos besoins. Qu'ils y répondent déjà ou qu'ils soient porteurs d'une promesse de satisfaction, ils demeurent, subjectivement, une source de bonheur.

Les amours fortes et profondes sont, quant à elles, empreintes d'estime. Elles ont sur nous un effet d'élévation. Les personnes qui l'inspirent ont un effet stimulant; à leur contact, nous sommes portés à être de meilleures personnes, à exploiter davantage nos ressources, à nous dépasser.

Parfois on confond l'amour en imagination avec un amour réel. L'expérience subjective de l'adolescente amoureuse du chanteur populaire ressemble à l'amour par les émotions qui en font partie et par leur intensité, mais il manque un ingrédient essentiel: le contact réel avec l'être aimé. La satisfaction éprouvée est déclenchée par les fantasmes uniquement. Comme simulation pour découvrir l'expérience amoureuse, il s'agit d'une méthode extrêmement utile et d'un bon apprivoisement de l'intensité affective.

L'amour romantique est une autre expérience qu'il faut distinguer de l'amour réel. Dans cette forme de relation, l'important est le plaisir d'être aimé et non l'amour de l'autre pour ce qu'il est. Je me délecte de son penchant pour moi et des les avantages qu'il me procure: marques d'attention, réactions fortes à ma présence, sentiment d'être désirée, etc... C'est l'effet de son regard sur moi qui me satisfait et non le contact réciproque. Que l'homme ou la femme en soit l'objet, c'est le regard admiratif de l'autre qui constitue l'essentiel de la relation.

Comme l'illustre la série d'exemples présentée plus haut, on se sert du même verbe, "aimer", pour exprimer différents genres d'attraits. Il s'agit toujours essentiellement de la même expérience d'amour, mais les dimensions impliquées et l'intensité des émotions varient énormément.

Exemple #1.
J'aime la justice et l'honnêteté: ce sont des valeurs importantes à mes yeux. Je suis satisfaite lorsqu'elle sont exercées; je réagis né gativement lorsque elles ne le sont pas.

Exemple #2.
Mon contact avec la nature me procure toutes sortes de satisfactions. J'éprouve divers sentiments qui expliquent le plaisir qu'elle me procure: plaisir esthétique, émerveillement devant la force, la fragilité et les subtilités du vivant, jouissance sensuelle dans certaines activités, joie des nombreux ébats physiques qu'elle permet, etc... Au total, la nature me fournit la possibilité de répondre à plusieurs besoins

Exemple #3.
Mon amour pour mes parents est composé de divers sentiments. Je suis attachée à eux; je tiens à notre relation et j'éprouve de l'affection pour eux. Il se pourrait que mon amour contienne aussi de l'estime pour ce qu'ils sont et de la reconnaissance à l'égard de ce qu'ils ont accompli pour moi. Mais il se peut aussi que mon amour recouvre uniquement une sorte de compassion pour eux, avec une propension à leur faire du bien.

L'amour recouvre donc à diverses réalités émotives. Lorsqu'il s'applique à des êtres vivants, il implique habituellement une certaine dose d'affection.

Exemples #4 et #5.
L'amitié, l'amour, l'amour passion sont des variations sur le même continuum. Ils expriment, comme les autres formes d'amour, la valeur nourricière de l'objet pour nous. La passion peut être vécue pour une personne mais aussi pour une activité. Ce que ces deux objets d'amour ont en commun, c'est la capacité de remplir un grand besoin et la manière agréable par laquelle ils le remplissent.

Ainsi, ma passion pour un homme est déclenchée par l'intense agrément de nos contacts physiques et sexuels. Elle est sous-tendue par mon intense besoin d'être aimée de même celui de confirmer ma valeur comme femme en faisant un effet puissant sur un être qui me plaît. De même, mon immense amour pour cette femme repose sur le bien-être inégalé que j'éprouve en sa présence. C'est la seule personne qui m'ait jamais acceptée telle que je suis! En sa présence j'ose être et cela est pour moi plus précieux que quoi que ce soit d'autre.

Par ailleurs, ma passion pour la planche à voile s'explique par la satisfaction intense que j'ai à composer avec des éléments de la nature qui font appel à ma force subtile, mon agilité et mon sens de l'é quilibre. Ce sport englobe en plus mon amour de la nature et le plaisir sensuel du contact avec l'eau, l'air et le vent. De plus, et ce n'est pas là la moindre des choses, il me permet d'admirer en me confondant avec elles, la beauté puissante de la nature qui se manifeste dans la force de la mer, la puissance des vagues et des tempêtes. Ces situations me transportent et j'adore cette sensation forte.


À quoi sert l'amour ?

L'amour est un indicateur de besoins. Il révèle parfois la présence de besoins cruciaux, d'autres fois celle de besoins moins urgents comme des aspirations. Il révèle aussi qu'on croit, à tort ou à raison, trouver auprès de l'être aimé la satisfaction de ces besoins. C'est le cas, qu'il s'agisse de l'amour pour une satisfaction potentielle ou réelle.


L'amour d'un être potentiellement nourrissant

Le besoin d'être reconnu comme être sexué et le besoin de contacts physiques de l'adolescent sont forts et même envahissants. Ce dernier est prêt à jeter son dévolu sur le premier inconnu qui, à première vue, présente des caractéristiques qui laissent croire qu'il pourrait combler ces besoins. Il est beau donc attirant, fort donc capable d'avoir un ascendant sur moi, sûr de lui donc pouvant être affirmatif et rassurant, etc...

Le besoin impérieux d'être aimé ou confirmé dans sa capacité d'avoir un impact sexuel n'est pas spécifique à l'adolescent. On le retrouve aussi chez la personne qui recherche le coup de foudre. Celle-ci voit, dans l'attrait intense et spontané, la preuve irréfutable qu'il peut trouver tout ce qu'il recherche pour répondre à ses besoins affectifs. La dé couverte éventuelle de la personne réelle entraîne souvent le dé senchantement. Le coup de foudre est le prototype de l'amour d'une personne pour son potentiel de satisfaction.

Aimer dans une relation toxique est un autre exemple de l'amour d'une personne pour son potentiel de satisfaction. Cet attrait est incompré hensible sans l'éclairage du phénomène du transfert. Dans cette situation celui qui aime tente d'obtenir de l'autre des confirmations essentielles à son identité. Habituellement ses tactiques sont infructueuses (voir " Conquérir la liberté d'être soi-même" pour en savoir plus).


L'amour pour une relation ou une activité réelle

L'amour est la réaction au fait d'obtenir la nourriture affective que nous cherchons dans une relation. L'amour d'une activité exprime la satisfaction qu'elle nous procure sur des dimensions importantes de notre vie. Selon son intensité et la qualité de la satisfaction, l'amour prend la forme de sympathie, d'affection et peut aller jusqu'à la passion.

Il est utile de préciser sur quoi porte notre amour si on veut y voir plus clair. En spécifiant ce que l'on aime on peut identifier plus facilement les besoins auxquels il répond ou les aspirations qu'il é veille en nous. On peut aussi cerner son besoin en identifiant les genres de satisfaction que nous procure le contact avec la personne ou l'objet aimé.

Source : Redpsy


par Charlotte publié dans : Amour
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Dimanche 25 novembre 2007
Ah ben.
On peut dire qu'André est des plus imprévisibles...

Son courriel de jeudi matin m'annonçait clairement et sans discussion possible qu'on arrêtait toute relation amoureuse ensemble puisqu'il n'était, finalement, pas amoureux.
Il avait réfléchi et en était arrivé à cette conclusion.

Je lui avais dit que j'acceptais sa décision, dans ma réponse du matin, mais que je trouvais dommage qu'on ne reste pas des amis puisqu'on s'entend bien sur plein d'affaires.

Dans l'après-midi, il me répond, tout calmement, comme si de rien n'était, qu'il ne pensait pas que j'accepterais de rester amie avec lui mais qu'il acceptait avec plaisir...

Je prends le téléphone.
- Est-ce que j'ai le droit de t'étriper ?!! je lui lance en riant.
- Heuuuu, un peu, oui t'as le droit, de répondre André en riant aussi.

Bon, ben on reste amis, c'est déjà ça.

Il était parti dans une blessure du passé, échaudé par l'amour.
Il avait refermé son coeur, s'était barricadé dans son bunker de protection anti-douleurs et était ainsi retourné dans sa "caverne".

Dans ces cas-là, je ne me bats plus avec l'homme.
Je me retire et prends soin de moi.
Y'a rien à faire avec un homme qui part dans sa caverne.
Il faut juste attendre qu'il émerge, en général un minimum de 2-3 jours après, et encore, d'après ce que j'avais vécu.

Avec André, cela aura pris moins de 24 heures...
C'est qu'on appelle une capacité de résilience assez extraordinaire, compte tenu de ce qu'il s'est fait vivre tout seul dans ses peurs.
Ce n'est pas la première fois qu'il revient vite d'une émotion difficile mais là, j'avoue qu'il m'a impressionnée.
Je n'ai jamais eu un chum capable de faire ce genre de saut aussi rapidement que moi...

C'est vrai, par contre, que je l'ai accueilli simplement, sans jugement, en ne cherchant pas à lui faire changer d'avis.
J'ai lâché prise et fait confiance à la vie.
J'ai demandé qu'elle m'apporte le meilleur pour moi et pour lui...

Que peut-on faire devant un homme (ou une femme) qui dit ne pas être amoureux de soi ?
On ne peut forcer personne à aimer.
On peut juste éventuellement savoir que ce n'est peut-être pas tout à fait vrai et faire confiance en se retirant, et non pas en l'envahissant.
Le temps qu'il réalise qu'il l'est peut-être, quand même...
Ou qu'il s'en aille pour de bon.

André avait promis de venir m'aider pour un truc à faire vendredi.
Devant son recul subi, et sa façon de me l'exprimer, j'avais mis une croix dessus et cherchais comment j'allais me débrouiller seule.
- Si tu veux que je vienne t'aider demain, je suis toujours d'accord, de me dire André.

Oufff... merci mon Dieu...

On se donne RV vendredi et on se retrouve tel que prévu.
On part faire ce que j'avais à faire.
On est en avance.
On en profite pour prendre le temps de faire une belle marche au soleil tout en discutant de ce qui s'est passé dans la semaine.

Il a eu une crise de panique anti-amour.
Échaudé dans le passé...
Il est parti en peurs.
Il a fermé son coeur.
Il se disait ne plus être amoureux.
Pourtant, il aime être avec moi.

André me prend par l'épaule.
Je le prends par la taille, surprise mais spontanée, et on continue à marcher...

On va faire ce qu'on a à faire avant d'aller se prélasser au spa de la montagne, tel qu'on s'était promis de faire cette journée-là, depuis longtemps...

Bain tourbillon, sauna, chutes d'eau froide, bain de vapeur...
Entre-deux, des repos au coin du feu, dans la salle de relaxation...
Il me tend la main...
Je la prends...
Il me serre la main...
Et m'invite à souper chez lui...

par Charlotte publié dans : Mes pas sur la plage
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Dimanche 25 novembre 2007
Suite de l'article De l'amour passion au plein amour


Le plein amour est l'engagement profond, l'intensité, la plénitude du rapport à l'autre, mais refuse de succomber à la folie comme l'amour-passion.

Le plein amour veut la coexistence de la raison et de l'intensité.

Le plein amour unit par amour. Il est une fête de la vie à deux, une fête de joie d'être ensemble.

Le plein amour est exigent. Il appelle un don de soi.

Il commande un travail à deux sur un unique amour pour le faire grandir sans cesse afin qu'il ne devienne pas cet amour-durée qui s'ennuie.

Qui vit le plein amour ne craint pas d'aimer.

Il s'abandonne à ce qui ouvre des possibilités, à ce qui valorise, à ce qui est partagé. Il aspire à la complicité, à la tendresse, à la sérénité.

Le plein amour est un amour sain. Il permet une intimité que l'on conquiert à deux au fil des jours et des nuits passés ensemble. Il propose une honnêteté et une générosité envers soi-même et envers l'autre parce qu'il valorise l'expression de soi fondée sur la tombée des défenses et des rôles. Puisque le plein amour jette bas les masques, il rend possible la spontanéité.

Bref, le plein amour permet d'être soi-même en dehors de toute rivalité ou de tout besoin de cacher ses propres faiblesses et imperfections. On n'y sent pas la nécessité de s'entourer de mystère ou encore de jouer la dissimulation et le secret. Essayer d'impressionner ou de ce censurer n'y est pas de mise. En d'autres mots, il est possible de se réaliser puisque l'autre ne nous demande que d'être nous-mêmes.

Lorsque nous vivons le plein amour, nous sommes profondément compris et acceptés par l'autre. Nous ne nous sentons pas menacés par lui. Nous éprouvons un sentiment intense d'attachement mais nous le partageons en toute liberté, avec facilité et naturel, sans nous abîmer dans des conflits ou des inhibitions qui épuisent et torturent.

La croissance et le bonheur de l'autre nous importent et nous éprouvons le désir de le voir se développer et grandir autant que nous-mêmes.

Le plein amour se fonde sur une connaissance et une saine acceptation de soi et de l'autre, de sorte qu'est repoussée la menace non pas d'aimer trop mais d'aimer mal. Il porte en lui espoir, celui de l'actualisation de soi (et non la dissolution de son moi dans l'autre) dans la relation à deux, puisqu'il est aussi permis à l'autre de s'affirmer et de se réaliser.

Lorsque j'aime de plein amour, j'accepte que l'autre m'envahisse (puisque c'est le propre de tout grand amour) mais je n'y sens aucune menace à mon intégrité personnelle car je sais au plus profond de mon être que cet autre que j'aime et qui m'aime ne désire en aucune façon m'utiliser. Il m'aime et je l'aime comme une fin en soi. J'aime parce que j'aime.

Le plein amour peut être une expérience de vie significative dans la mesure où il implique un véritable engagement qui permet d'éprouver un élargissement, un enrichissement de la conscience dans un rapport altruiste à l'autre. Le plein amour est une des formes les plus poussées de l'altruisme. Plus que toute autre forme d'amour, il nous permet de nous faire totalement plaisir en nous donnant sans limite à l'autre.

Le plein amour, c'est l'ouverture totale à l'autre.

C'est dans le plein amour qu'on réussit à s'oublier soi-même au profit de l'autre. En dehors du rapport amoureux intense, le souci de soi prend des proportions démesurées. Et voilà qu'arrive dans notre vie - grâce au plein amour - un souci plus fort que le souci de soi : le souci de l'autre.

Aimer avec intensité demeure le plus beau poème que l'on puisse faire à la vie. C'est dire OUI à la vie. Le plein amour reste le plus bel engagement qui soit car il dit oui à la vie.

Le plein amour commence par un travail sur soi, c'est-à-dire par une certaine forme de réapprentissage sentimental. L'individu blessé par la passion doit accepter de renouer avec la source intérieure qui le disposait, hier encore, à la célébration de la joie dans l'acte humain le plus merveilleux : recevoir et donner de l'amour. C'est la condition même de possibilité de rayonnement de soi comme de l'autre. Le plein amour commence par une disposition à l'ouverture affective, qui seule permet d'accéder à l'inépuisable trésor qu'est la relation amoureuse sans barrière.

Aimer de plein amour, c'est accepter d'être touché, ému, émerveillé par l'autre. C'est ne plus vouloir contenir ses sentiments.

Le plein amour se veut une affirmation de la vie à deux, un hymne au couple, une oeuvre d'amour de l'homme et de la femme.

Les gens épanouis sont ceux qui accèdent à leurs sentiments profonds et vivent leurs émotions véritables.

Si nous le voulons, et seulement si nous le voulons, le plein amour viendra à bout du ressentiment caché tout au fond de notre corps, de notre coeur et de notre tête. Si nous le voulons, le plein amour nous réconciliera avec notre passé, avec nous-mêmes et, surtout, avec celui ou celle qui, quelque part ou juste à côté, brûle aussi d'aimer.


par Charlotte publié dans : Amour
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Vendredi 23 novembre 2007
Le coup de foudre se réduit à une simple excitation sexuelle sans aucun rapport avec l'amour ou l'amour-passion.

D'ailleurs, comment pourrait-on aimer une personne que l'on vient de tout juste rencontrer ?

L'excitation extrème serait principalement causée par le fait que nous sommes mis en présence de notre fantasme, plus précisément d'une images idéalisée d'un certain type de personne. Le hasard nous place un jour ou l'autre côte à côte avec ce modèle fait sur mesure que nous avons des années durant entretenu dans l'imaginaire. Or, éprouver de l'attirance pour une personne n'équivaut pas à ressentir de l'attachement. L'amour exige de l'attirance et de l'attachement.

L'amour, c'est être bien ensemble dans un quotidien serein et sans risque. Il y a complicité dans la relation. On mise sur le calme, la stabilité, la continuité, l'équilibre et l'égalité des rapports. On accepte que l'autre nous déçoive, qu'il ne soit rien de plus qu'un être humain, c'est-à-dire un être limitié et réel.

Si nous aimons passionnément un être que nous croyons unique au monde, ce n'est pas tant à cause de ce qu'il est, c'est plutôt attribuable à notre désir d'être amoureux d'abord et, ensuite, à notre façon de voir l'autre, c'est-à-dire de la manière toute particulière que nous avons de nous le représenter, de nous l'imaginer. Nous ne percevons pas l'autre tel qu'il est, nous le percevons d'une manière telle qu'il nous soit possible de l'aimer passionnément. À la limite, ce n'est pas l'autre qu'on aime mais la passion qu'il nous permet d'éprouver. Ce n'est pas à l'autre, non plus, auquel nous nous abandonnons mais ce qui, en lui et au-delà de lui, nous permet de nous dépasser.

Somme toute, l'être aimée a très peu de réalité. Il a été construit de toutes pièces par le travail de l'imaginaire. En ce sens, la passion amoureuse mythifie l'autre. Ce que nous aimons, c'est la représentation que nous nous en faisons. Un dicton populaire ne dit-il pas que l'amour est aveugle ?

Éprouver de l'amour-passion pour une personne, c'est considérer cette personne comme essentielle, en avoir la ferme conviction et en ressentir le profond sentiment.
Mais pourquoi est-elle si essentielle ?
Qu'est-ce qu'elle a tant pour que nous l'aimions tant ?
Peut-être beaucoup, peut-être si peu !

Lorsque nous sommes passionnément amoureux, l'autre devient pour nous exceptionnel, non pas parce qu'il l'est effectivement, encore peut-il toutefois l'être, mais parce que la nature même de ce que nous vivons alors rend la personnes aimée extraordinaire à nos yeux.

Pourquoi sommes-nous devenus tout à cou aussi sourds et aveugles au principe de la réalité ? Tout simplement parce que, dans l'amour-passion, la raison se voit substituer sa fonction législatrice. Ce n'est plus elle désormais qui se trouve au poste de commande.
Il n'y a pas de raison à la passion.
L'amour se rit de la sagesse et de la raison.

L'amour-passion est un envoûtement dont je ne peux identifier la cause. C'est, en quelque sorte, aimer sans raison !
Qu'est-ce qui nous séduit tant chez l'être aimé ?
Nous ne saurions pas vraiment le dire... puisque la raison est totalement absente du processus amoureux.
L'amour-passion est une plongée dans l'inconnu.
Il est rarement une découverte objective de l'autre.

Les raisons pour lesquelles un individu se sent attiré par une personne, par ce qu'il perçoit de l'autre ou projette sur elle, forment un échevau toujours difficile à démêler, mais il n'en demeure pas moins qu'une large pat d'imaginaire entre dans l'amour-passion.

Il est un état où la frontière entre l'imaginaire et le réel reste mal délimitée, un état dans lequel il est presque impossible à l'individu d'analyser avec exactitude ce qui lui arrive, hormis la force des sensations, un état où l'individu sent jaillir en lui des énergies insoupçonnées qui l'émerveillent autant qu'elles le dépassent, où l'individu rêve sa vie au lieu de l'analyser et de la contrôler.

Lorsque nous aimons passionnément un être, nous voulons que cet amour soit définitif, qu'il dure toujours mais, au fond, nous savons très bien que, dans la vraie vie, celui-ci est périssable, que toute passion dévorante conduit de fait à une rupture inévitable.

L'amour-passion est éphémère dans les faits. Il conduit inévitablement, plus tôt que tard, à la rupture, à la déchirure, à la douleur.

Aimer de passion une même personne durant toute une vie est une illusion.

Vient un jour ou l'autre où il finit par devenir ce qu'il est et n'a jamais cessé d'être. On lui refuse alors la réalité. Avant, il devait être un autre pour être aimé. Depuis qu'il est lui-même, en pleine lumière, il devient l'étranger.

L'amour-passion, confronté à la vie réelle, à la vie quotidienne, ne peut que s'émousser, s'étioler, pour enfin s'éteindre complètement en tant que passion.
Le quotidien, c'est le test final de la passion amoureuse.

On cesse d'aimer passionnément quand notre amour se refroidit, c'est-à-dire lorsque cesse le rêve ou le délire qui l'accompagne, quand il est confronté à la routine, aux responsabilités, aux contigences et aux calculs. L'amour-passion entre en période de déclin quand la relation s'effiloche, s'avachit parce que l'accoutumance s'y installe, quand le désir de l'autre s'amoindrit, quand on constate amèrement qu'on s'est conté une histoire où on se croyait à deux alors qu'on était seul.

On s'aperçoit qu'on a été amoureux d'une image, d'une émotion plutôt que de quelqu'un.

Pour l'un des deux partenaires (celui qui est laissé), le monde s'effondre tout à coup. C'est désormais la fin de l'enchantement amoureux et le début du supplice ! C'est la perte du temps, de l'espace, de ce qu'on avait construit ensemble. C'est vivre comme une injustice énorme le fait que l'être que l'on aime éperdument ne nous aime plus. C'est vivre dans une impasse. C'est la mort pour celui ou celle qui est quitté(e). La personne se sent alors inhabitée, qu'elle n'a plus envie de rien, qu'elle travaille mal, qu'elle ne mange plus, ne dorme plus, étant hantée par les souvenirs de leur passé amoureux encore brûlant.

Par la suite, on craint, en s'inscrivant dans une passion amoureuse profonde, d'échapper à soi-même. En se livrant corps et âme à l'autre, on s'oublie soi-même. Et on ne veut plus se laisser envahir par l'autre.

Ces personnes misent désormais sur une relation intime, complice et amicale. Ils valorisent un rapport paisible et serein. Il remplace la passion par la tendresse.

L'être humain possède, il est vrai, plus de désirs que de besoins.

Extrait du livre du même titre, de Jacques CUERRIER et Serge PROVOST, Éditions Stanké, 1988.

Suite : Qu'est-ce que le plein amour ?

par Charlotte publié dans : Amour
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